Randy E

J’ai joué au hockey de 6 à 16 ans, de 1966 à 1976. Je jouais dans la ligue Mckenzie, dans le nord, où le hockey était rude et les casques de mauvaise qualité. À l’entraînement, à chaque ligne de but, nous patinions à toute vitesse vers le centre de la glace. Si l’un d’entre nous prenait peur et ralentissait, il était poursuivi par l’équipe et recevait des coups de crosse sur l’arrière des jambes.

De 15 à 17 ans, en jouant au football américain au lycée, on nous alignait à 9 mètres les uns des autres, on lançait le ballon à un gars, avec un contact total, comme entre deux sacs de sport roulés à quelques mètres l’un de l’autre, et là encore, sans casque de protection. On se cognait la tête à chaque entraînement. Si l’un d’entre nous ralentissait, on devait faire un tour de terrain à la course.

À l’âge de 13 ans, dans les années 70, mon père m’a lancé un long ballon de football américain. À pleine vitesse, j’ai attrapé le ballon du bout des doigts et j’ai heurté un poteau dans la rue avec ma tête. On m’a dit que j’avais rebondi à deux mètres du poteau et que j’avais perdu connaissance. Je me suis réveillé et j’ai vu les grosses bottes de travail de mon père. Il m’a soulevé, m’a frotté la tête, m’a dit que j’allais bien, m’a ramené à la maison et j’ai tout oublié.

En 1976, lors d’une séance de patinage, des enfants qui s’amusaient m’ont fait un croche-pied par derrière et je suis tombé tête la première. Je me suis relevé lentement et j’ai réussi à atteindre les gradins. Encore une fois, on m’a dit de prendre mon mal en patience.

Plus tard, j’ai fait quelques chutes d’échafaudage pendant que je travaillais en construction. La pire a été en 1998 : une chute de 3 mètres, tête première, dans un sous-sol où j’effectuais une estimation pour des cloisons sèches, sans garde-corps autour du trou de 2,5 mètres carrés. J’ai heurté les barreaux de l’échelle en tombant. Je me suis cassé la main et déchiré les ligaments de l’autre main. Mon fils de 7 ans était en haut, j’avais peur qu’il tombe, je me suis relevé et le client m’a emmené à l’hôpital local.

J’étais sous le choc, je vomissais, puis le personnel m’a laissé me lever et marcher. Ils m’ont fait passer une radiographie, pensant que mon cou était cassé. Au début ils ne trouvaient pas de collet cervical, mais ils en ont finalement trouvé un et m’ont transporté en ambulance aérienne à Saskatoon.

À l’hôpital de Saskatoon, on m’a plâtré le bras, et le scanner n’a révélé aucune fracture au cou. J’ai exigé de rentrer chez moi. Une fois rentré, je marchais tous les jours dans la douleur, chaque pas me faisait souffrir. Au bout de trois semaines j’ai repris le travail.

Avant cette chute, pendant 13 ans de mariage, j’avais eu des problèmes de colère et d’anxiété dus à des commotions cérébrales antérieures, ainsi que des problèmes mentaux non diagnostiqués liés à ces commotions. Pendant un mois après ma chute au sous-sol, ma femme disait que j’étais l’homme le plus gentil qui soit, et je travaillais dur pour guérir.

Puis, une grande noirceur et une grande colère m’ont envahi, une anxiété si forte que je ne pouvais plus entrer dans les magasins (j’avais déjà souffert d’anxiété auparavant, mais jamais à ce point, et il en allait de même pour la colère). Au travail, je devais lutter pour trouver le courage de faire des estimations. J’ai manqué des événements importants pour mes enfants. J’étais une bombe de colère à retardement.

Ma femme m’a supporté jusqu’en 2016, puis m’a quitté. Les quatre pires mois de ma vie. J’ai enfin trouvé la motivation pour demander de l’aide. Seule une attitude ferme pouvait me pousser à faire ce qu’il fallait. Aujourd’hui, j’aurais souhaité que ma femme m’ait quitté 25 ans plus tôt. Je l’ai détruite, ainsi que mes fils et toute ma famille, et nous avons perdu des décennies que nous ne retrouverons jamais.

Je ne me pardonnerai jamais et je n’utiliserai jamais mes lésions cérébrales comme excuse ou béquille. Oui, mes lésions cérébrales m’ont causé une telle anxiété que je ne pouvais pas aller chez le médecin, le dentiste ou le psychiatre. Le fait que ma femme m’ait quitté m’a sauvé la vie : j’ai eu une hypertension artérielle et un anévrisme cérébral et aortique. Mon tempérament était incontrôlable, je ne pouvais pas m’arrêter. Dans mon état, j’étais le ROI, j’avais le contrôle total par la peur que j’inspirais à mes proches, j’étais un monstre qui se nourrissait de ce pouvoir. Mais une petite voix me disait sans cesse : « J’ai besoin d’aide ». Je m’en veux de ne pas l’avoir cherchée.

Qu’est-ce qui vous a aidé tout au long de votre parcours vers la guérison ?

Le psychiatre nous a dit, à ma femme et à moi, que je n’avais pas de « trouble mental » tel que le trouble bipolaire, etc. Ma femme s’est énervée, affirmant que je devais forcément être malade mentalement. Le psychiatre a dit que mon état était dû à un problème physique au niveau du cerveau, il soupçonnait des lésions cérébrales. Il m’a dit de prendre un EMP* et m’a prescrit un scanner. Des lésions cérébrales et un anévrisme ont été détectés dans le cerveau. J’ai également parlé à la consultante EMP de la ligne d’assistance EMP, qui m’a expliqué que toute ma colère et mon anxiété étaient dues à des lésions cérébrales. Mes symptômes sont classiques. Elle m’a dit de continuer à prendre de l’EMP, MAIS que le jour viendrait où je n’en aurais plus besoin. Elle m’a dit que les nutriments chélatés contenus dans l’EMP allaient directement à mon cerveau et guérissaient les lésions cérébrales. Elle m’a dit qu’avec le temps, j’aurais de moins en moins besoin d’EMP, au point de ne plus en prendre du tout. Je ne l’ai pas crue à l’époque. En 2019, j’avais complètement arrêté l’EMP, les lésions cérébrales étaient guéries, la prise d’EMP n’était alors plus nécessaire, car tous les symptômes avaient disparu.

*Remarque : dans le contexte de cette histoire, Lésion cérébrale Canada ne peut confirmer la signification de l’acronyme EMP. Nous ne faisons aucune déclaration d’ordre médical et ne fournissons aucune recommandation ni aucun avis. Le rétablissement varie d’une personne à l’autre, et les méthodes et le vocabulaire utilisés dans cette histoire concernant les lésions cérébrales et le rétablissement sont propres à cette personne et à son témoignage. Toutes questions d’ordre médical doivent être adressées à un médecin ou à un autre spécialiste médical.

Si vous pouviez revenir au moment où vous avez subi votre lésion cérébrale et vous dire une chose, quelle serait-elle ?

Je ne suis pas un soignant, je ne suis pas non plus associé à l’EMP, je l’ai seulement pris comme traitement. Ce que je me dirais, si jamais j’avais une autre commotion cérébrale, ce serait : « OCCUPE-TOI-EN! [Fais] un scanner cérébral, prends de l’EMP. » Je dis aux gens : « Si quelqu’un a reçu un coup violent à la tête et que son comportement change, je leur dirais OCCUPEZ-VOUS-EN, DEMANDEZ DE L’AIDE. » De nombreuses personnes blessées et leurs familles souffrent à long terme à cause de lésions cérébrales non diagnostiquées, et tout le monde en souffre.