Statistiques sur les lésions cérébrales

La source de chaque statistique (ou déclaration statistique) se trouve au bas de chaque section. Chaque chiffre figurant à côté d’une statistique ci-dessous correspond à la source appropriée.

Malgré la prévalence des lésions cérébrales au Canada, il est difficile de recueillir régulièrement des statistiques exactes parce que nous nous fions aux déclarations des hôpitaux et des médecins. De nombreuses lésions cérébrales ne sont pas réellement signalées au moment de la blessure (ou pas du tout), ce qui a une incidence sur les statistiques.

 

Un élément clé des plans de défense de Lésion Cérébrale Canada consiste à attirer davantage l’attention sur les lésions cérébrales, leurs répercussions et la nécessité d’obtenir des renseignements plus à jour. Nous avons compilé les statistiques actuellement disponibles sur les lésions cérébrales sur cette page pour aider ceux qui font des recherches ou qui font des rapports sur les lésions cérébrales au Canada. Si vous citez l’une ou l’autre de ces statistiques, veuillez inclure la source appropriée de cette page et Lésion Cérébrale Canada.

Les types de statistiques comprennent :

Les traumatismes cérébraux

D’ici 2031, les lésions cérébrales traumatiques (TCC) devraient figurer parmi les troubles neurologiques les plus courants qui touchent les Canadiens, tout comme la maladie d’Alzheimer et d’autres démences, et l’épilepsie. [1].
Les traumatismes cérébraux (TCC) sont l’une des principales causes d’invalidité à l’échelle mondiale. Au Canada, 2 % de la population vit avec un traumatisme crânien, et il y a 18 000 hospitalisations pour un traumatisme crânien chaque année. Le tiers des personnes atteintes d’un TCC sont des femmes, et le TCC est particulièrement courant au début des années de reproduction (15 à 24 ans), la violence conjugale et les accidents en étant les principales causes. Les femmes atteintes de TCC sont plus susceptibles que les hommes d’avoir des problèmes de santé mentale après une blessure [2].

Veuillez noter que les séries de statistiques suivantes ont été extrapolées à partir des données des États-Unis à la population du Canada.

Le TCC se produit à un taux annuel de 500 personnes sur 100 000, soit environ 165 000 au Canada. Cela représente 456 personnes par jour, ou une personne blessée toutes les trois minutes au Canada [3].

Le TCC est 100 fois plus élevé que les lésions médullaires [4].

Lorsqu’on inclut les blessures causées par un accident vasculaire cérébral ou d’autres causes non traumatiques, près de 4 % de la population vit avec le cerveau. Cela équivaut à plus de 1,5 million de Canadiens qui vivent avec une lésion cérébrale acquise [5].

26 900 Canadiennes recevront un diagnostic de cancer du sein [6].
On estime que 4 300 nouveaux cas de lésions médullaires se produisent chaque année au Canada. [7].

Au cours de la prochaine année, 4015 Canadiens recevront un diagnostic de sclérose en plaques [8].

Cette année, 165 000 Canadiens subiront un traumatisme cérébral [9].

Les coûts économiques indirects attribuables à l’incapacité en âge de travailler augmenteront et seront les plus élevés dans le cas des traumatismes cérébraux hospitalisés (passant de 7,3 milliards de dollars en 2011 à 8,2 milliards de dollars en 2031) [10].

Les chutes sont la principale cause de traumatisme cérébral (TCC) chez les personnes âgées [11].

Les adolescents, les jeunes adultes et les personnes âgées sont plus à risque de TCC en tant que piétons. Tout au long de la vie, les données ont fourni des preuves d’un risque accru de TCC chez les piétons avant et pendant l’adolescence; le risque a diminué au début de l’âge adulte avant d’augmenter en âge moyen et de grimper à des niveaux élevés chez les aînés [12].

Les piétons de sexe féminin ont une fréquence plus élevée de TCC que les piétons de sexe masculin, bien que le groupe le plus à risque soit celui des hommes de 65 ans et plus [13].

Les lésions cérébrales sont également identifiées comme un facteur de risque pour la maladie d’Alzheimer et d’autres démences chez les hommes, et pour l’épilepsie chez les deux sexes [14].

Les chutes sont la raison la plus fréquente des hospitalisations pour TCC et des visites à l’urgence chez les enfants de moins de 5 ans.

  • Chez les enfants et les jeunes de 5 à 19 ans, les activités sportives et récréatives deviennent l’une des principales causes d’hospitalisations liées aux TCC et de visites aux urgences.
  • Les agressions sont l’une des principales causes des hospitalisations liées aux TCC et des visites aux urgences chez les hommes de 20 à 39 ans.
  • À partir de 40 ans, les chutes qui ne sont pas liées à l’adoption des sports et des loisirs sont le mécanisme prédominant des décès, des hospitalisations et des visites aux urgences liés aux TCC, les taux étant particulièrement élevés chez les 85 ans et plus [15].

[1] Établir les connexions : Mieux comprendre les affections neurologiques au Canada Neurological Health Charities Canada. 2014

[2] Hilary Brown – Traumatic Brain Injury and Perinatal Mental Health Outcomes

[3] Langois JA, Rutland-Brown W, Thomas KE, Traumatic Brain Injury in the United States, Emergency Department Visits, Hospitalizations, and Deaths. Atlanta (GA): Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control; 2006.

[4] Fact Sheet published by the National Spinal Cord Injury Statistical Center (NSCISC) and is supported by grant number H133A011201 from the National Institute on Disability and Rehabilitation Research, Office of Special Education and Rehabilitative Services, U.S. Department of Education, Washington, D.C. ©2006 Board of Trustees. University of Alabama. The National SCI Statistical Center, 619 19th St South, SRC 515, Birmingham, AL

[5] The United States Centers for Disease Control. The USCDC underestimates the actual rate as their data does not include data for over 500,000 treated by physicians during office visits in outpatient setting, unreported injuries (25% of all mild to moderate TBI’s) and data from federal, military, or Veteran’s Administration hospitals. The US data is compatible and relevant for Canadian population estimates. 

[6] Informations du gouvernement du Canada sur le cancer du sein 

[7] Praxis Spinal Cord Institute

[8] « L’ASPC révèle les données sur l’incidence et la prévalence de la sclérose en plaques au Canada », La Société canadienne de la sclérose en plaques

[9] Langois JA, Rutland-Brown W, Thomas KE, Traumatic Brain Injury in the United States, Emergency Department Visits, Hospitalizations, and Deaths. Atlanta (GA): Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control; 2006

[10] Public Health Agency of Canada (PHAC), 2015

[11] « Surveillance sentinelle des visites au service des urgences pour les traumatismes crâniens et pour toutes les blessures à la tête associés aux chutes chez les personnes âgées », Gouvernement du Canada

[12] Vanlaar W, Mainegra Hing M, Brown S, McAteer H, Crain J, McFaull S. Fatal and serious injuries related to vulnerable road users in Canada. J Safety Res. 2016; 58:67–77

[13]  « Surveillance sentinelle des visites au service des urgences pour les traumatismes crâniens et pour toutes les blessures à la tête associés aux chutes chez les personnes âgées », Gouvernement du Canada

[14] Établir les connexions : Mieux comprendre les affections neurologiques au Canada Neurological Health Charities Canada. 2014

[15]  « Surveillance sentinelle des visites au service des urgences pour les traumatismes crâniens et pour toutes les blessures à la tête associés aux chutes chez les personnes âgées », Gouvernement du Canada

Commotion cérébrale

Les statistiques actuelles sur les commotions cérébrales sont probablement une sous-estimation du véritable fardeau des commotions cérébrales. Cette « blessure invisible » est sous-déclarée en raison d’un manque d’éducation et de sensibilisation du public. De nombreuses commotions cérébrales sont observées dans les cabinets de médecins et les cliniques sans rendez-vous, ce qui les place en dehors du processus standard de collecte de données des hôpitaux; certaines sont ignorées et ne sont pas du tout signalées.

Veuillez noter que bon nombre de ces statistiques sont liées aux sports.

Le hockey sur glace était l’activité sportive et récréative la plus courante chez les hommes de 5 à 14 ans, avec des commotions cérébrales ou d’autres TCC. Le rugby était le plus courant chez les hommes plus âgés.

La ringuette était l’activité sportive et récréative la plus courante chez les femmes de 10 à 19 ans qui ont signalé des commotions cérébrales ou d’autres TCC. Il convient également de noter que chez les femmes de tous les groupes d’âge, l’équitation et le sport équestre figuraient également parmi les sports sans contact les plus courants avec des commotions cérébrales ou d’autres TCC signalées.

Le traîneau et le toboggan figuraient parmi les activités sportives et récréatives les plus courantes avec des commotions cérébrales ou d’autres TCC signalées chez les enfants de 5 à 9 ans (3e après le hockey sur glace et les cours d’éducation physique chez les garçons et 2e après le hockey sur glace chez les filles).

L’utilisation de véhicules tout-terrain (VTT) a été la principale cause de TCC modérés à plus graves (c.-à-d. qu’elle a montré le plus faible pourcentage de commotions cérébrales parmi tous les TCC) chez presque tous les enfants et les jeunes, à l’exception des femmes âgées de 5 à 9 ans (pour lesquelles il s’agissait d’un sport équestre/équitation). et des hommes de 10 à 14 ans (pour qui c’était le baseball) [16].

En 2013, Hockey Canada a mis en œuvre une nouvelle règle pour interdire la vérification du corps chez les enfants de 11 et 12 ans et moins. Ce changement a entraîné une réduction de 70 % du risque de commotion cérébrale, soit environ 4 800 commotions cérébrales de moins au Canada. [17].

Les enfants de moins de cinq ans étaient les plus susceptibles de subir une commotion cérébrale, suivis des femmes de plus de 65 ans [18].

Le nombre de visites pédiatriques au bureau du médecin ou à la salle des urgences pour les plaintes liées aux commotions cérébrales a quadruplé en Ontario depuis 2010 [19].

Il y a 200 000 commotions cérébrales chaque année au Canada. [20].
Les commotions cérébrales liées au sport sont « parmi les blessures les plus complexes en médecine sportive pour diagnostiquer, évaluer et gérer ». [21].

Il n’existe pas de test unique permettant de diagnostiquer définitivement une commotion cérébrale. Il n’y a pas de test sanguin, pas de test de salive, pas de test d’imagerie ou même pas de test de poursuite oculaire, de taille de pupille ou d’équilibre. Il n’existe encore aucun diagnostic objectif de commotion cérébrale. [22].

Les personnes vivant dans des collectivités plus éloignées étaient beaucoup plus susceptibles de subir une commotion cérébrale que celles vivant dans des villes, en notant que les taux ruraux pourraient atteindre 1 400 pour 100 000 personnes [23].

[16]« Commotions cérébrales et autres traumatismes crâniens attribuables aux activités sportives et récréatives chez les enfants et les jeunes canadiens », Gouvernement du Canada, 2018

[17] « S’attaquer au problème de plein front : les commotions cérébrales liées aux sports au canada »,Chambre des communes, Comité permanent de la santé

[18] Langer L, Levy C, Bayley M. Increasing Incidence of Concussion: True Epidemic or Better Recognition? J Head Trauma Rehabil. 2020;35(1):E60-E66. Doi:10.1097/HTR.0000000000000503

[19] SCSC Dr. Roger Zemek, Director, Clinical Research, Children’s Hospital of Eastern Ontario

[20] SCSC, Evidence, 20 February 2019, 1855 (Dr. Charles Tator, Director, Canadian Concussion Centre – University Health Network).

[21] McCrory et al., Consensus statement on concussion in sport—the 5th international conference on concussion in sport held in Berlin, October 2016 (2017) p.839

[22] SCSC, Evidence, 30 January 2019, 1855 (Dr. Roger Zemek, Director, Clinical Research, Children’s Hospital of Eastern Ontario).

[23] Langer L, Levy C, Bayley M. Increasing Incidence of Concussion: True Epidemic or Better Recognition? J Head Trauma Rehabil. 2020;35(1):E60-E66. Doi:10.1097/HTR.0000000000000503

Accident vasculaire cerebral

L’accident vasculaire cérébral est la troisième cause de décès au Canada [24].

L’AVC est le dixième facteur en importance pour les années de vie corrigées de l’incapacité (le nombre d’années perdues en raison d’une mauvaise santé, d’une incapacité ou d’un décès prématuré) [25].

L’AVC touche surtout les personnes âgées, environ 10 % des adultes de 65 ans et plus ayant subi un AVC [26].

Le nombre absolu de personnes ayant survécu à un accident vasculaire cérébral continue d’augmenter, principalement en raison de la croissance de la population et du vieillissement. Bien que l’occurrence et les taux de premier accident vasculaire cérébral soient constamment plus élevés chez les hommes que chez les femmes, un plus grand nombre de femmes que d’hommes ont un accident vasculaire cérébral chaque année [27].

Les taux de mortalité par premier accident vasculaire cérébral et toutes causes confondues ont connu une baisse constante au cours des dernières années. La sensibilisation accrue, l’amélioration des soins aux victimes d’AVC et l’amélioration de la gestion des facteurs de risque ont probablement contribué à ce déclin au cours de plusieurs décennies [28].

La fréquence et le taux de première attaque sont constamment plus élevés chez les hommes que chez les femmes au fil du temps. Cependant, plus de femmes que d’hommes ont un accident vasculaire cérébral chaque année, en partie parce que les femmes ont une espérance de vie plus longue [29].

Le groupe de statistiques suivant est tiré du rapport « Lives disrupted : The impact of stroke on women ».

  • Plus de 62 000 accidents vasculaires cérébraux se produisent chaque année au Canada, dont plus de 30 200 touchent des femmes.
  • Au Canada, un tiers plus de femmes que d’hommes meurent des suites d’un accident vasculaire cérébral; de tous les décès causés par un accident vasculaire cérébral, 59 % sont des femmes et 41 % sont des hommes.
  • Les femmes qui ont subi un accident vasculaire cérébral ont de pires résultats que les hommes; il y a plus de limitations d’activités et des niveaux globaux de bien-être mental et physique plus faibles.
  • Les femmes sont moins susceptibles de retourner à la maison après un accident vasculaire cérébral; presque deux fois plus de femmes que d’hommes vont plutôt en soins de longue durée.
    Environ 405 000 personnes au Canada vivent avec les effets de l’AVC, dont 214 000 sont des femmes et 191 000 sont des hommes.
  • Moins de la moitié des survivants d’AVC qui participent à la réadaptation sont des femmes (46 %), ce qui les désavantage dans leur rétablissement.
  • Les femmes âgées sont particulièrement surchargées par les accidents vasculaires cérébraux et n’ont pas accès au traitement, aux soins et à la réadaptation [30].

[24] Statistics Canada. Table 102–0561 – Leading causes of death, total population, by age group and sex, Canada. CANSIM (death database) [Internet]. Ottawa (Ontario): Statistics Canada; 2017 Mar 8 [cited 2017 June 6]. Available from: http://www5.statcan.gc.ca/cansim/a05?lang=eng&id=1020561

[25] GBD 2015 DALYs and HALE Collaborators. Global, regional, and national disability-adjusted life-years (DALYs) for 315 diseases and injuries and healthy life expectancy (HALE), 1990–2015: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2015. Lancet. 2016 Oct 8;388(10053):1603–58

[26] « Accidents vasculaires cérébraux au Canada, » Gouvernement du Canada

[27] « Accidents vasculaires cérébraux au Canada, » Gouvernement du Canada

[28] Agence de la santé publique du Canada.Suivi des maladies du cœur et des accidents vasculaires cérébraux au Canada 2009. [Internet]. Ottawa (Ontario): Agence de la santé publique du Canada; 2009 10 juin [cité le 6 juin 2017]. Disponible à l’adresse suivante: https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/rapports-publications/2009-suivi-maladies-coeur-accidents-vasculaires-cerebraux-canada.html

[29] « Accidents vasculaires cérébraux au Canada, » Gouvernement du Canada

[30] « Des vies perturbées : l’AVC chez les femmes » Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada

Tumeur cérébrale et cancer

On estime que 55 000 Canadiens survivent avec une tumeur au cerveau.

Il existe plus de 120 différents types de tumeurs cérébrales, ce qui rend le traitement efficace très compliqué.

Au cours de la première année suivant le diagnostic, on estime que le patient moyen fera 52 visites à son équipe de soins de santé (par exemple, intervention chirurgicale, radiothérapie, chimiothérapie, analyse sanguine, etc.).

Les tumeurs non malignes représentent près des deux tiers de toutes les tumeurs cérébrales primaires.

Le glioblastome est le type le plus courant de tumeur cérébrale maligne primaire, et la survie moyenne, même avec un traitement agressif, est inférieure à un an.

Les tumeurs cérébrales métastatiques surviennent à un moment donné chez 20 à 40 % des personnes atteintes de cancer. L’incidence des tumeurs cérébrales métastatiques augmente à mesure que les patients atteints de cancer vivent plus longtemps.

Les tumeurs cérébrales sont la principale cause de décès par cancer solide chez les enfants de moins de 20 ans, dépassant maintenant la leucémie lymphoblastique aiguë. Ils sont la troisième cause de décès par cancer solide chez les jeunes adultes de 20 à 39 ans.

Étant donné que les tumeurs cérébrales sont situées au centre de contrôle pour la pensée, l’émotion et le mouvement, elles peuvent avoir un effet dramatique sur les capacités physiques et cognitives et la qualité de vie d’une personne [31].

  • En 2020, on estime :
    3 000 Canadiens recevront un diagnostic de cancer du cerveau et de la moelle épinière.
  • 2 500 Canadiens mourront du cancer du cerveau et de la moelle épinière.
  • 1 700 hommes recevront un diagnostic de cancer du cerveau et de la moelle épinière et 1 400 en mourront.
  • 1 350 femmes recevront un diagnostic de cancer du cerveau et de la moelle épinière et 1 050 en mourront. [32]

Hydrocéphalie

On estime que 120 000 Canadiens vivent avec de l’hydrocéphalie, et que 90 % des personnes atteintes de spina bifida ont aussi de l’hydrocéphalie. [33].

Soignants

Selon une étude publiée en 2019 par l’Ontario Caregiver Organization (OCO) et le groupe de réflexion sur les politiques de santé The Change Foundation, plus de la moitié des aidants naturels admettent se sentir dépassés par leurs responsabilités. Un peu plus de la moitié des plus de 800 soignants qui ont participé à l’étude ont aussi dit qu’ils se sentaient anxieux ou inquiets, tandis que plus de 40 % éprouvaient des sentiments de frustration [34].

On estime que 8,1 millions de Canadiens âgés de 15 ans et plus ont prodigué des soins à un membre de leur famille ou à un ami souffrant d’une maladie chronique, d’un handicap ou d’un vieillissement [35].

Les statistiques suivantes sont tirées du dossier sur la santé mentale en milieu de travail.

  • Plus de 40 % des médecins du Canada déclarent être aux stades avancés de l’épuisement.
  • Un pourcentage égal d’infirmières canadiennes ont déclaré être épuisées.
  • 14 % des infirmières générales ont obtenu un résultat positif pour les symptômes du trouble de stress post-traumatique.
  • Les travailleurs de la santé sont 1,5 fois plus susceptibles de s’absenter du travail en raison d’une maladie ou d’une incapacité que les travailleurs de tous les autres secteurs [36].

Les lésions cérébrales dans la communauté autochtone

Les populations autochtones sont touchées de façon disproportionnée par les traumatismes cérébraux [37].

Les blessures sont la principale cause de décès potentiels chez les Autochtones, avec des taux quatre fois plus élevés que dans le reste du Canada [38].

Le statut d’Autochtone semble avoir une corrélation négative avec le rétablissement, les résultats les plus médiocres pour les Autochtones étant peut-être attribuables à un moins grand nombre de soutiens formels et informels, comme des traducteurs professionnels ou la perte de soutien social lorsqu’un patient déménage loin de sa collectivité d’origine [39].

Le risque de résultats médiocres après une blessure augmente en raison de facteurs comme l’isolement géographique, le statut socioéconomique et les facteurs psychosociaux, qui ont tous déjà une incidence sur les besoins en santé des Autochtones [40].

Un sondage mené auprès de professionnels de la santé sur les difficultés de réadaptation des clients autochtones qui se remettent d’une lésion cérébrale acquise a permis de cerner les domaines d’intérêt et les préoccupations qui entourent les collectivités autochtones:

  1. l’expérience des praticiens en matière de lésions cérébrales;
  2. l’expérience des praticiens auprès des clients autochtones;
  3. les besoins spécialisés des clients autochtones qui se remettent d’une lésion cérébrale;
  4. Soins adaptés à la culture;
  5. Méthodes de guérison traditionnelles dans le cadre du rétablissement [41].

L’un des principaux défis que devaient relever les Autochtones qui se rétablissaient du PIBA était l’absence de protocoles de réadaptation et de planification des congés pour les clients vivant dans les réserves ou dans des collectivités éloignées. Parmi les autres défis, mentionnons le manque de soutien social, la difficulté de voyager et les facteurs socioculturels associés aux soins post-actifs et les troubles concomitants[42].

Le groupe de statistiques suivant est tiré du rapport « Lives disrupted : The impact of stroke on women ».

  • Bien que le taux d’accidents vasculaires cérébraux et de maladies du cœur ait diminué au Canada dans la plupart des groupes d’âge, c’est le contraire qui se produit dans les populations autochtones où la prévalence et la mortalité augmentent. Les taux de maladies cardiovasculaires chez les femmes autochtones du Canada augmentent et se rapprochent ou dépassent ceux des femmes non autochtones.
  • Les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuits sont plus susceptibles de souffrir d’hypertension artérielle et de diabète – deux facteurs de risque d’accident vasculaire cérébral – et sont plus à risque d’accident vasculaire cérébral que la population générale, et sont deux fois plus susceptibles d’en mourir [43]

[37] Lasry O, Dudley RW, Fuhrer R, Torrie J, Carlin R, Marcoux J, Traumatic brain injury in a rural indigenous population in Canada: a community-based approach to surveillance, doi: 10.9778/cmajo.20150105cmajo May 26, 2016 vol. 4 no. 2 E249-E259

[38] Karmali S, Laupland K, Harrop AR, et al.(2005) Epidemiology of severe trauma among status Aboriginal Canadians: a population-based study. CMAJ172:1007–11

[39] Keightley et, al., (2009). Rehabilitation challenges for Aboriginal clients recovering from brain injury: A qualitative study engaging health care practitioners. Brain Injury, 23(3), 250–261. DOI: 10.1080/02699050902748331

[40] Keightley et, al., (2009). Rehabilitation challenges for Aboriginal clients recovering from brain injury: A qualitative study engaging health care practitioners. Brain Injury, 23(3), 250–261. DOI: 10.1080/02699050902748331

[41] Keightley et, al., (2009). Rehabilitation challenges for Aboriginal clients recovering from brain injury: A qualitative study engaging health care practitioners. Brain Injury, 23(3), 250–261. DOI: 10.1080/02699050902748331

[42] Keightley et, al., (2009). Rehabilitation challenges for Aboriginal clients recovering from brain injury: A qualitative study engaging health care practitioners. Brain Injury, 23(3), 250–261. DOI: 10.1080/02699050902748331

[43] « Des vies perturbées : l’AVC chez les femmes » Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada

Incarcération

L’incidence de l’incarcération était plus élevée chez les participants à l’étude qui avaient déjà subi un traumatisme cérébral (TCC) comparativement à ceux qui n’en avaient pas. Les hommes et les femmes qui avaient subi un TCC étaient environ 2,5 fois plus susceptibles d’être incarcérés que les hommes et les femmes qui n’avaient pas subi un TCC [44].

Le TCC est plus répandu chez les hommes que chez les femmes dans les populations carcérales [45,46] .

La majorité de l’échantillon de l’étude sur les personnes incarcérées ont déclaré avoir un traumatisme cérébral avant leur première infraction criminelle [47,48].

L’âge moyen des premiers TCC était de 19,6 ans pour les hommes et de 21,9 ans pour les femmes détenues. 55 % des femmes ont déclaré des TCC avant le premier crime. 41 % des hommes ont déclaré des TCC avant le premier crime [49].

[44] McIsaac KE, Moser A, Moineddin R, et al. Association between traumatic brain injury and incarceration: a population-based cohort study. CMAJ Open. 2016;4(4):E746-E753. Published 2016 Dec 6. doi:10.9778/cmajo.20160072

[45] Ferguson, P.L., Pickelsimer, E., Corrigan, J., Bogner, J. and Wald, M. (2012) Prevalence of Traumatic Brain Injury among Prisoners in South Carolina. The Journal of Head Trauma Rehabilitation, 27, E11-E20. https://doi.org/10.1097/HTR.0b013e31824e5f47

[46] Jackson, Hardy, Persson & Holland, 2011. Acquired Brain Injury in the Victorian Prison System. ISSN 1834-7703

[47] Sarapata, M., Herrmann, D., Johnson, T., & Aycock, R. (1998). The role of head injury in cognitive functioning, emotional adjustment and criminal behaviour. Brain Injury, 12(10), 821-842.

[48] I. Perkes, P.W. Schofield, T. Butler, S.J. Hollis. Traumatic brain injury rates and sequelae: a comparison of prisoners with a matched community sample in Australia. Brain Inj, 25 (2011), pp. 131-141

[49] Colantonio, A. et. al, Traumatic brain injury and early life experiences among men and women in a prison population. J Correct Health Care. 2014 Oct;20(4):271-9

Santé mentale

Dans une étude nationale sur la santé de la population portant sur les troubles neurologiques, les maladies et les blessures, la prévalence la plus élevée de troubles de l’humeur diagnostiqués par les répondants a été observée chez les personnes ayant subi un traumatisme cérébral (38,3 %) ou une tumeur cérébrale (35,5 %).[50].

Une personne a beaucoup plus de chances de développer une maladie mentale pouvant être diagnostiquée après avoir subi une lésion cérébrale acquise [51, 52].

Environ la moitié des personnes atteintes de TCC souffrent de dépression au cours de la première année suivant une blessure. Encore plus (près des deux tiers) sont touchés dans les sept ans suivant la blessure. [53].

Les traumatismes cérébraux augmentent le risque de symptômes de stress post-traumatique [54].

Une étude de cohorte longitudinale canadienne a révélé que les adultes ayant subi une commotion cérébrale se sont suicidés à trois fois la norme de la population [55].

50 % des patients subissent un changement de personnalité, de l’irritabilité, de l’anxiété et de la dépression après une commotion cérébrale. Ces symptômes neuropsychiatriques ne sont pas uniques, mais font partie de la trajectoire naturelle après une commotion [56].

[50] Établir les connexions : Mieux comprendre les affections neurologiques au Canada Neurological Health Charities Canada. 2014

[51] Hibbard et. al, Axis 1 psychopathology in individuals with traumatic brain injury. Journal of Head Trauma Rehabilitation, 1998;13, 24-39.

[52] Koponen S et. al, Axis 1 and 11 psychiatric disorders after traumatic brain injury: a 30-year follow-up study. The American Journal of Psychiatry, 2002; 159: 1315-1321.

[53] How common is depression after TBI? Model Systems Knowledge Translation Center

[54] A. I. Greenspan, A. Y. Stringer, V. L. Phillips, F. M. Hammond, and F. C. Goldstein, “Symptoms of post-traumatic stress: Intrusion and avoidance 6 and 12 months after TBI,” Brain Injury, vol. 20, no. 7. pp. 733–742, 2006.

[55] Fralick M, Thiruchelvam D, Tien HC, Redelmeier DA. Risk of suicide after a concussion. CMAJ. 2016; 188(7):497-504.

[56] Bazarian JJ, Wong T, Harris M, Leahey N, Mookerjee S, Dombovy M. Epidemiology and predictors of post-concussive syndrome after minor head injury in an emergency population. Brain Inj. 1999; 13:173.

Statistiques sur l’emploi

Toutefois, les coûts économiques indirects attribuables à l’incapacité en âge de travailler augmenteront. Ces coûts seront les plus élevés dans le cas des traumatismes cérébraux hospitalisés (passant de 7,3 milliards de dollars en 2011 à 8,2 milliards de dollars en 2031) [57].

La majorité des personnes (les estimations varient de 73 à 88 %) qui subissent une TCCM sont en mesure de reprendre leur emploi principal dans l’année suivant la blessure [58].

Ce qui se passe en milieu de travail est très sexospécifique. Les blessures graves et mortelles surviennent surtout chez les hommes, mais lorsqu’on inclut tous les niveaux de gravité, les femmes représentent plus de 40 % des blessures [59].

Le rapport statistique de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail de l’Ontario (2016) montre que les blessures codées « commotions cérébrales » ont augmenté de 0,6 % en 2002 à 5 % en 2015, ce qui indique une augmentation de 800 % [60].

Les travailleurs de sexe masculin – surtout ceux des groupes d’âge les plus jeunes et les plus âgés – travaillant dans le secteur primaire (p. ex., agriculture, foresterie, exploitation minière) ou dans le secteur de la construction étaient plus susceptibles de subir un traumatisme cérébral lié au travail, les chutes étant le mécanisme de blessure le plus courant, peu importe la gravité de la blessure [61].

[57] Établir les connexions : Mieux comprendre les affections neurologiques au Canada Neurological Health Charities Canada. 2014

[58] Anderson et al, 2006

[59] Colantonio A, Mroczek D, Patel J, Lewko J, Fergenbaum J, Brison R. Examining occupational traumatic brain injury in Ontario. Can. J. Public Health 101(Suppl. 1), S58–S62 (2010).

[60] Mollayeva et al., “Sex & gender considerations in concussion research.” Concussion, 2018 Mar; 3(1): CNC51 doi: 10.2217/cnc-2017-0015

[61] Chang VC, Guerriero EN, Colantonio A. Epidemiology of work-related traumatic brain injury: a systematic review. Am J. Ind. Med. 58(4), 353–377 (2015)

Itinérance et TCC

Les recherches montrent que plus de 235 000 personnes sont sans abri au Canada chaque année [62].

Environ 50 % des sans-abri ont subi une lésion cérébrale [63].

Une méta-analyse récente – qui a examiné 38 études publiées entre 1995 et 2018 – est la première à examiner la prévalence des TCC chez les personnes sans abri ou dans des situations de logement instables. Les résultats indiquent qu’une personne sans abri sur deux (53 %) est victime d’un traumatisme cranio-cérébral et qu’une personne sur quatre (25 %) est victime d’un traumatisme cranio-cérébral modéré ou grave [64].

53 % des adultes sans abri ayant des antécédents de maladie mentale ont des antécédents déclarés de lésions cérébrales. Cette population est plus susceptible de :

  • Signaler les besoins en soins de santé non satisfaits
  • Avoir des contacts avec le système de justice pénale
    être suicidaire ou avoir déjà fait une tentative de suicide;
  • Utiliser les services d’urgence
  • Il est essentiel de trouver un logement pour les personnes atteintes d’une maladie mentale ou d’une blessure à la tête afin d’aider ces personnes à progresser dans leur rétablissement [65].

La prévalence des TCC au cours de la vie est élevée chez les sans-abri et les personnes vivant dans des logements marginaux, et les antécédents de TCC sont associés à une mauvaise santé et à un fonctionnement général moins bon [66].

[62] Gaetz, Dej, Richter, & Redman, 2016. L’état de l’itinérance au Canada 2016

[63] Jacob L Stubbs, Allen E Thornton, Jessica M Sevick, Noah D Silverberg, Alasdair M Barr, William G Honer, William J Panenka. Traumatic brain injury in homeless and marginally housed individuals: a systematic review and meta-analysis. The Lancet Public Health, 2019; DOI: 10.1016/S2468-2667(19)30188-4

[64] Jacob L Stubbs, Allen E Thornton, Jessica M Sevick, Noah D Silverberg, Alasdair M Barr, William G Honer, William J Panenka. Traumatic brain injury in homeless and marginally housed individuals: a systematic review and meta-analysis. The Lancet Public Health, 2019; DOI: 10.1016/S2468-2667(19)30188-4

[65] Health outcomes research on homelessness, brain injury. St. Michael’s Hospital

[66] Jacob L Stubbs, Allen E Thornton, Jessica M Sevick, Noah D Silverberg, Alasdair M Barr, William G Honer, William J Panenka. Traumatic brain injury in homeless and marginally housed individuals: a systematic review and meta-analysis. The Lancet Public Health, 2019; DOI: 10.1016/S2468-2667(19)30188-4

Violence entre partenaires intimes

Les TCC sont courants chez les femmes survivantes de violence conjugale (VPI) [67].

35 à 80 % des femmes atteintes de VPI présentent des symptômes de traumatisme cérébral [68].

Jusqu’à 92 % des incidents de VPI impliquant des coups à la tête et au visage et l’étranglement [69].

On rapporte que jusqu’à 75 % des femmes ne consultent pas un médecin pour des lésions cérébrales présumées [70].

Les survivants et les fournisseurs de soins peuvent aussi confondre les symptômes des lésions cérébrales avec la détresse émotionnelle causée par la violence elle-même [71].

L’étranglement est l’une des formes les plus dangereuses de VPI, augmentant le risque de décès à la suite d’agressions. Ces résultats montrent que l’étranglement non mortel est un facteur de risque d’homicide chez les femmes, ce qui souligne la nécessité de dépister l’étranglement non mortel lors de l’évaluation des femmes victimes de violence dans les services d’urgence [72].

L’étranglement peut également causer des lésions cérébrales, car le cerveau est privé d’oxygène. Certaines victimes peuvent mourir des semaines après avoir été étranglées à cause des lésions cérébrales sous-jacentes, même s’il n’y a pas de blessure visible [73].

Les femmes autochtones sont 3,5 fois plus susceptibles d’être victimes de violence que les autres Canadiennes [74].

[67] A. S. Ivany and D. Schminkey, “Intimate partner violence and traumatic brain injury: State of the science and next steps,” Fam. Community Heal., vol. 39, no. 2, pp. 129–137, 2016

[68] Kwako LE, Glass N, Campbell J, Melvin KC, Barr T, Gill JM. Traumatic brain injury in IPV: A critical review of outcomes and mechanisms. Trauma Violence Abuse 2011; 12:115–126

[69] A. S. Ivany and D. Schminkey, “Intimate partner violence and traumatic brain injury: State of the science and next steps,” Fam. Community Heal., vol. 39, no. 2, pp. 129–137, 2016

[70] E. Valera and H. Berenbaum, « Brain injury in battered women, » J. Consult. Clin. Psychol., vol. 71, no. 4, pp. 797-804, 2003

[71] K. M. Iverson, C. Dardis, and T. K. Pogoda. “Traumatic brain injury and PTSD symptoms as a consequence of intimate partner violence,” Compr. Psychiatry, vol. 74. pp. 80-87, 2009

[72] N. Glass, K. Laughon, J. Campbell, C. R. Block, G. Hanson, P. W. Sharps, and E. Taliaferro, “Non-fatal Strangulation is an Important Risk Factor for Homicide of Women,” J. Emerg. Med., vol. 35, no. 3, pp. 329–335, 2008

[73] Alberta Justice and Solicitor General and Alberta Crown Prosecution Service, “Domestic Violence Handbook for Police and Crown Prosecutors in Alberta,” Edmonton, AB, 2014

[74] Native Women’s Association of Canada, 2009. ECCCO-Housing