Un logement approprié et abordable pour les survivants de lésions cérébrales

En plus des changements physiques survenus après une lésion cérébrale, de nombreux symptômes ou déficiences cognitives, émotionnelles et comportementales courantes peuvent augmenter le risque d’itinérance:

  • Des problèmes de maîtrise de la colère
  • Des défis liés au traitement de l’information
  • Des comportements à risque élevé
  • L’incapacité de prendre action
  • Des réactions émotionnelles inappropriées
  • Un manque de contrôle des impulsions
  • Des troubles de mémoire
  • De la persévérance
  • Un mauvais jugement

Parmi les autres facteurs contributifs figurent la discrimination, la violence entre partenaires intimes, la pauvreté et les obstacles systémiques.

L’itinérance n’arrive pas soudainement, ni en vase clos. Il y a habituellement de nombreux effets en cascade qui y mènent, elle est très rarement un choix.

Statistiques sur l’itinérance et les lésions cérébrales

  • Près de la moitié des hommes sans abri qui ont participé à une étude de l’Hôpital St. Michael avaient subi au moins un traumatisme cérébral (TC) au cours de leur vie; 87% de ces blessures s’étaient produites avant qu’ils  deviennent itinérants [7].
  • Des études révèlent que 60% des sans-abri atteints de TC déclarent avoir subi de multiples blessures [8].
  • La plupart des premiers TC surviennent avant l’itinérance, ce qui laisse entendre que les lésions cérébrales sont un facteur de risque pour l’itinérance. Toutefois, il a également été établi que l’itinérance est un facteur de risque pour les TC ultérieurs  [9].
  • Il y a un lien démontré entre les TC et l’augmentation des problèmes de santé mentale, de santé physique et de toxicomanie chez les sans-abri [10].
  • Les personnes sans abri ayant subi des TC semblent avoir une déficience cognitive plus grave que les personnes sans abri n’ayant pas subi de TC [11].
  • Dans une étude sur les femmes ayant subi des TC au Canada, on a constaté que la pauvreté constituait un obstacle important à l’accès aux soins de santé [12].

Plaidoyer pour des logements abordables et appropriés

Personne ne devrait avoir à choisir entre payer son loyer et se nourrir, mais pour certains, cela arrive tous les jours. L’aide financière des provinces est trop faible – surtout dans les villes – pour que les gens puissent trouver un logement abordable, sans sacrifier leurs besoins fondamentaux. Lorsqu’une personne devient sans-abri, il lui est encore plus difficile de trouver un logement. Il y a aussi une stigmatisation liée à l’itinérance qui découle de l’ignorance et du jugement, et cela peut nuire à la capacité de sortir de l’itinérance. C’est particulièrement vrai pour les personnes atteintes d’une lésion cérébrale qui ne sont peut-être pas en mesure de travailler, qui n’ont pas les capacités cognitives de gérer de l’argent ou qui éprouvent d’autres difficultés.

Au Canada, les programmes de logement visant à aider les personnes ayant une lésion cérébrale acquise (LCA) sont sous-financés et les programmes de logements spécialisés en LCA ont de longues listes d’attente, ce qui expose les personnes visées à des risques sociaux, émotionnels et financiers continus.

Puisque les lésions cérébrales sont des affections permanentes, il faut améliorer le soutien et les stratégies en matière de logement abordable, afin d’éliminer les obstacles et offrir du soutien à long-terme. Nous devrions aussi comprendre le cheminement vers l’itinérance des personnes atteintes de lésions cérébrales, car il s’agit d’un élément essentiel de la stratégie de prévention.

Le modèle ‘Logement d’abord’

‘Logement d’abord’ est une approche axée sur le rétablissement qui vise l’élimination de l’itinérance. Elle est axée sur le placement rapide des personnes itinérantes dans des logements indépendants et permanents, et l’offre de soutiens et de services au besoin … Le principe sous-jacent de base de Logement d’abord est que les personnes sont mieux en mesure d’avancer dans la vie si elles sont logées. Cela est vrai pour les personnes en situation d’itinérance, pour celles souffrant de problèmes de santé mentale et de dépendance pour toute autre personne. Le logement est fourni d’abord, et les soutiens sont offerts par la suite, y compris ceux liés à la santé physique et mentale, à l’éducation, à l’emploi, à l’abus de substance et aux liens avec la collectivité. [13]

Ce modèle vise à fournir un logement permanent aux personnes en dépit de leurs circonstances et de leurs besoins.

  • Certaines personnes ont besoin d’options de logement indépendant qui soient abordables et n’aient pas de longues listes d’attente.
  • D’autres ont besoin de logements avec services de soutien intégrés : ces personnes peuvent y avoir une chambre ou un appartement, et avoir aussi accès à du soutien, au besoin. Cela est essentiel pour les personnes qui ont des troubles de mémoire et des problèmes organisationnels.
  • Certaines personnes ont des besoins médicaux complexes et nécessitent des soins à temps plein mais se retrouvent dans des établissements de soins de longue durée pour personnes âgées atteintes de démence et d’Alzheimer. Bien que leurs besoins médicaux soient pris en charge, leur situation ne répond pas de façon significative à leur besoin de socialisation et d’engagement avec leurs pairs.

Pour les personnes atteintes de lésions cérébrales, des mesures de soutien doivent être mises en place pour assurer la sécurité et la durabilité du logement à long terme. Le soutien doit comprendre:

  • L’accès à des services de soutien en santé mentale et à d’autres soins de santé
  • Des services de toxicomanie spécifiques aux personnes ayant subi une lésion cérébrale
  • Des services abordables de garde des enfants
  • Un engagement communautaire
  • De l’aide pour remplir les formulaires – cartes d’assurance-maladie, impôt sur le revenu, subventions disponibles, etc.
  • De l’aide à l’organisation – paiement des factures, ouverture du courrier, établissement du budget, planification, etc.
  • Un soutien à la médiation et à la réconciliation
  • Soutien aux victimes de violence conjugale

Comment promouvoir un logement approprié et abordable

Le plaidoyer pour l’accès à un logement approprié et abordable comporte différents niveaux. Il faut sensibiliser davantage le grand public à la situation critique du logement au Canada, sensibiliser le Conseil de la stratégie nationale sur le logement pour qu’il y ait des logements appropriés pour les survivants de traumatismes crâniens, et mener des activités de plaidoyer à grande échelle auprès des organismes gouvernementaux.

Voici quelques façons de promouvoir un logement approprié et abordable:

  • Écrivez aux représentants de votre administration locale
  • Partagez les recherches et l’information sur l’accès au logement, avec votre réseau
  • Signez des pétitions d’organisations diverses
  • Communiquez avec vos associations locales des lésions cérébrales pour savoir si elles participent à des initiatives spécifiques

Resources


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